Secteur minier dans l’AES : Pression sur les entreprises chinoises

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Secteur minier dans l’AES : Pression sur les entreprises chinoises

En réponse aux pratiques jugées non conformes des entreprises chinoises dans les domaines minier et pétrolier, le Mali et le Niger renforcent leur réglementation concernant les investissements étrangers. Ainsi, les autorités du Mali et du Niger ont adopté une position plus stricte envers les investisseurs chinois actifs dans leurs industries extractives. Alors que Bamako exige la cessation des activités minières illégales, Niamey appelle à une restructuration de la collaboration pétrolière avec la China National Petroleum Corporation (CNPC).

Mieux encadrer l’exploitation minière au Mali

Au Mali, l’extraction minière illégale impliquant des citoyens chinois a provoqué une réponse vigoureuse de la part des autorités. Le général Abdoulaye Maïga, Premier ministre du Mali, a organisé une rencontre avec l’ambassadeur de Chine, Chen Zhihong. Cette réunion s’est déroulée en présence de plusieurs ministres et secrétaires généraux.

Cette rencontre a permis d’évaluer les activités d’exploitation minière illégales identifiées entre 2021 et 2025, ainsi que leurs conséquences environnementales et sociétales. Les responsables au Mali ont demandé l’interruption immédiate de ces activités et un respect rigoureux des lois du pays concernant l’exploitation des ressources naturelles.

Les autorités maliennes ont aussi suspendu les licences artisanales délivrées aux étrangers et envisagent l’instauration d’un système de coordination avec l’ambassade chinoise. Cette mesure est prise dans une situation caractérisée par un incident minier qui s’est produit le 17 février 2025 à Bilalikoto. Cette tragédie a entraîné la mort de 48 individus, présentant les dangers associés à une exploitation désordonnée du sous-sol malien.

La préférence nationale au Niger

Le gouvernement du Niger a annoncé des actions sévères à la rencontre de la China National Petroleum Corporation (CNPC), le principal acteur chinois dans le domaine pétrolier du pays. L’entreprise est accusée par les autorités du Niger de ne pas suivre les réformes et de privilégier la main-d’œuvre étrangère au détriment des travailleurs locaux.

Le 6 mars 2025, Niamey a démontré sa rigueur en annulant la licence de l’Hôtel Soluxe International, un hôtel détenu par des ressortissants chinois. De plus, les autorités exigent désormais une standardisation des échelles de salaires. La prise de contrôle par l’État des secteurs clés et une réévaluation des contrats de sous-traitance pour offrir plus d’opportunités aux entreprises locales. Ces choix sont régis par le décret n°2024-34, qui oblige les sociétés étrangères à désigner des mandataires nationaux à des positions stratégiques.

Réaffirmer la souveraineté économique des États sahéliens

Ces tensions économiques s’insèrent dans un contexte plus vaste de désir de réaffirmer la souveraineté économique des États sahéliens. Les responsables de Bamako et Niamey envisagent de revoir leurs collaborations à l’échelle internationale. Trois enjeux majeurs expliquent cette évolution :

  • Le contrôle accru des ressources naturelles pour maximiser les bénéfices nationaux
  • La volonté de réduire la dépendance économique en diversifiant les partenaires
  • Les pressions populaires contre les pratiques jugées prédatrices de certaines entreprises étrangères

Un tournant dans les relations sino-sahéliennes

Ces évolutions représentent un tournant dans les liens sino-sahéliens, traditionnellement définis par une forte implication économique de Pékin. En réponse aux demandes croissantes des autorités du Mali et du Niger, il est probable que la Chine soit amenée à réviser sa stratégie afin de préserver son pouvoir d’influence dans cette région.

Chen Zhihong, l’Ambassadeur de Chine au Mali, a suggéré la mise en place d’un système de coordination pour mieux superviser les investissements et éviter les conflits. Une stratégie similaire au Niger pourrait être adoptée afin d’éviter une aggravation des tensions. Cependant, ces pourparlers semblent compliqués, car ils ont nécessité une révision des conditions de collaboration qui, jusqu’à présent, étaient principalement en faveur des compagnies chinoises.

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