Au Mali, huitième producteur d’anacarde en Afrique de l’Ouest, la promotion commerciale de ce produit est en plein essor. Sur le terrain, il est difficile de respecter le prix d’achat minimum fixé par le gouvernement à 390 FCFA/kg (0,64 USD/Kg). Les producteurs locaux, manquant d’informations, ont fréquemment tendance à vendre à des tarifs inférieurs.
Respect du prix plancher : Un défi majeur
Le 13 mars, Daniel Kelema, Ministre de l’Agriculture malien, a proclamé un prix d’achat minimum de 390 FCFA/kg. Ce prix, le troisième le plus onéreux de la sous-région, avait pour but de redynamiser la filière. Cependant, d’après l’agence de conseil commercial N’kalô, ce tarif n’est pas observé. Selon N’kalô dans son bulletin du 27 mars, « la majorité des transactions ont eu lieu au cours de la semaine passée à des prix variant entre 350 et 375 FCFA/kg sur les marchés hebdomadaires de Sikasso, Kadiolo, Kolondièba, Yanfolila et Bougouni ».
Cette circonstance est en partie due à une organisation défaillante des intervenants de la filière. Ils disposent d’un accès restreint aux données concernant le marché. Par ailleurs, il n’existe pas d’autorité gouvernementale dédiée à la régulation du sous-secteur de la noix de cajou.
Améliorer l’information et l’organisation des acteurs
L’Interprofession de la filière anacarde du Mali (IPROFAM) pourrait avoir un rôle déterminant. Des experts suggèrent qu’elle devrait fortifier ses adhérents en leur apportant des renseignements fréquents. Ceci leur donnerait un meilleur contrôle sur les éléments qui impactent les prix. Il arrive fréquemment que les producteurs locaux soient moins bien renseignés que les acheteurs internationaux.
Ainsi, ils pourraient écouler leurs stocks à des tarifs supérieurs. « En comprenant davantage les éléments qui impactent les prix et leurs variations, ils pensent que les intervenants de la chaîne pourraient bénéficier davantage du marché ». Le rapport met en lumière que les acheteurs finaux tels que les importateurs étrangers ou les grossistes ont souvent une meilleure connaissance du marché que les producteurs locaux, ce qui leur permet de vendre leurs marchandises à des prix plus élevés vers d’autres pays de la sous-région.
Relancer la filière anacarde malienne
Cette année, le Mali a pour objectif de redynamiser sa filière anacarde. La saison 2024 ne s’est pas avérée fructueuse, enregistrant une production de 92 750 tonnes. Ce nombre a diminué aux 105 000 tonnes de l’année précédente.
Il est crucial d’améliorer la communication et l’organisation des acteurs. Elle faciliterait la réalisation de cet objectif, comme c’est le cas de la filière anacarde en Côte-d’Ivoire.
Les mesures spécifiques à mettre en place
Pour renforcer la régulation de la filière anacarde au Mali, le gouvernement pourrait envisager plusieurs mesures spécifiques.
Création d’un Gendarme Étatique
Établir une entité publique forte pour réguler la commercialisation intérieure de l’anacarde. Cela permettrait de mieux contrôler les prix et d’assurer le respect du prix plancher.
Formation et Sensibilisation
Organiser des formations et des sensibilisations sur les bonnes pratiques agricoles, de fabrication et d’hygiène pour tous les acteurs impliqués dans la filière. Cela améliorerait la qualité des produits et leur conformité aux normes internationales.
Harmonisation des Normes
Harmoniser les normes nationales avec les directives internationales pour faciliter l’exportation et améliorer la compétitivité des produits maliens sur le marché mondial.
Développement de la Transformation Locale
Encourager la transformation locale de l’anacarde pour augmenter la valeur ajoutée et réduire la dépendance à l’exportation brute. Cela pourrait être réalisé à travers des projets comme le PAFAM.
Politiques de Protection
Envisager des politiques pour interdire ou limiter l’exportation de la matière première brute afin de favoriser la transformation locale et protéger les intérêts nationaux.
Appui Financier
Allouer des fonds spécifiques pour soutenir les acteurs de la filière, notamment les petits producteurs et les transformateurs, afin de renforcer leur capacité à produire et à commercialiser des produits de qualité.