La zone de la BEAC (Banque des États d’Afrique Centrale) va commencer à mettre en circulation de nouvelles pièces de monnaie. La population de la région aura accès à ces dernières à partir du 5 avril 2025. Le gouverneur de la région, Yvon Sana Bangui, a révélé l’information lors de la récente réunion du Comité de Politique Monétaire (CPM) qui s’est tenu à Malabo, en Guinée équatoriale.
Des pièces de monnaie en tant que support pour l’économie
Les nations adhérentes à la BEAC sont aux prises avec des difficultés liées à un manque de devise, ce qui complique les transactions commerciales. Par conséquent, pour résoudre ce problème, les responsables financiers et le gouverneur de la BEAC ont décidé de fournir des pièces de monnaie dans la région. Une initiative en cours vise à garantir un approvisionnement généreux en petites pièces de monnaie et à renforcer l’intégration économique des nations adhérentes à la CEMAC.
Ces pièces de monnaie déjà existantes seront accessibles à la communauté dès le 5 avril prochain. De plus, parmi ces nouveautés, l’ajout d’une nouvelle pièce de 200 FCFA. En même temps, d’autres connaissent des changements (croissances) en termes de dimensions, dans l’objectif de les rendre séduisantes et acceptables pour les marchands. Toutefois, certaines pièces ont été conservées et élargies, comme celles de 25, 50, 100 et 500 FCFA.
Conjoncture économique avantageuse en comparaison de 2024
L’introduction et la distribution de nouvelles pièces de monnaie au sein de la communauté de la sous-région de la BEAC auront un impact transformateur sur l’économie de la zone CEMAC. Selon les estimations de la BEAC, ces éléments favorisent une expansion de 2,9 %, respectivement à 2,6 % l’année précédente. Cela aura un impact positif sur l’inflation. Les analystes prévoient une baisse de ce chiffre, passant de 4,1 % en 2024 à 2,9 % en 2025 pour la BEAC.
Cela fait déjà quelques années que les autorités constatent une raréfaction progressive des pièces de monnaie dans la région CEMAC. Selon les autorités monétaires, la création de réseaux d’exportation pour certaines pièces en est à l’origine. Particulièrement vers l’Asie, où elles sont fusionnées et façonnées en bijoux.
Pour lutter contre ces agissements frauduleux, la BEAC opte pour un renforcement de la sécurité autour de ces pièces. En particulier, en créant une nouvelle ligne de produits, qui cette fois-ci est fabriquée à partir de matériaux ne correspondant pas à ceux utilisés dans le secteur de la bijouterie. A en croire le gouverneur de la banque centrale des pays de la CEMAC (Cameroun, Congo, Gabon, Guinée équatoriale, Tchad et RCA), tous les centres de distribution de la BEAC ont d’ores et déjà été approvisionnés.
« Les métaux et les alliages qui ont été utilisés pour cette nouvelle gamme vont permettre de garantir sa sécurité, par rapport à l’exportation des pièces que nous connaissons dans la zone, en raison de ce que les alliages et les métaux (de la gamme actuelle) ont une valeur marchande beaucoup plus élevée que les pièces elle-mêmes. Nous avons corrigé ce problème et espérons que les nouvelles pièces seront acceptées par les populations, avec cette fois-ci une innovation qui est la pièce de 200 FCFA », a indiqué le gouverneur de la BEAC
Réactions des acteurs économiques
La mise en circulation des nouvelles monnaies a suscité des réactions variées parmi les acteurs économiques de la région.
Gouvernements : Les gouvernements des pays membres ont salué cette initiative comme un pas vers la modernisation de l’économie. Le ministre des Finances du Cameroun a déclaré que cela renforcerait la confiance des citoyens dans la monnaie nationale.
Entreprises : Les chefs d’entreprise expriment des sentiments mitigés. Certains estiment que cela facilitera les transactions et réduira les coûts liés à la gestion de la trésorerie, tandis que d’autres craignent des perturbations à court terme dans le processus de transition.
Citoyens : La population est partagée. Beaucoup accueillent avec enthousiasme les nouvelles pièces, espérant qu’elles contribueront à stabiliser l’économie. Cependant, certains expriment des inquiétudes quant à la transition et à la possibilité de confusion lors de l’utilisation des anciennes et nouvelles monnaies.